HPI : une catégorie ?

Le concept HPI (Haut Potentiel Intellectuel) peut être vu comme une catégorie¹, qu’est ce que cela peut changer ?

La première chose est que le concept HPI ne se définit plus alors comme un ensemble de propriétés, regroupant tous les éléments ayant ces propriétés mais bien à travers les relations entretenues par tous ces sous-ensembles qui peuvent être vus comme autant de catégories différentes.

Prenons exemple du HQI : défini comme le sous ensemble des QIT (Quotient Intellectuel Total) supérieur à 2 Sigma (déviation standard de la moyenne du QIT, soit 15 pour le test de la WAIS par exemple), il contient de fait d’autres sous-ensembles, comme celui du THQI, défini par exemple comme le sous ensemble des QIT supérieur à 3 Sigma. Prenons alors une relation « r » entre un de ces sous-ensembles et une personne et observons à la fois comment « r » agit sur, modifie, impacte la vie de cette personne et également comment cette personne agit sur « r », quelle importance elle lui donne dans sa vie. Nous nous trouvons dans le cas classique d’une personne ayant passé un test de QI, ayant obtenu un résultat de QIT au moins supérieur à 2 Sigma et nous recueillons des observations à la fois sur la manière dont ce résultat (ou la révélation de cette appartenance à ce sous-ensemble communautaire défini plus haut) influence ses pensées, ses actes, sa vison de sa vie passée, présente et à venir et à la fois sur la manière dont ses pensées et ses actes vont venir nourrir, entretenir, influencer cette appartenance à cette communauté. Ainsi, il s’agit de considérer non plus l’identification entre la personne et son QIT mais bien (au moins) une relation (réciproque) entre cette personne et ce QIT (obtenu dans un test donné). De simple indicateur au départ, la variable QIT peut ainsi être vue comme une catégorie, de même pour les niveaux définis arbitrairement comme HQI ou THQI : de caractéristiques définissant des personnes avec un QIT dans un certain intervalle de valeurs, ils peuvent être vus comme des catégories mettant en relation ces personnes avec les caractéristiques du HQI ou THQI.

La deuxième chose est que le concept HPI, vu comme une catégorie, permet de comprendre que ce ne sont pas les caractéristiques du HPI vues comme des identités qui fondent ce concept et surtout qu’elles ne sont en rien pathognomoniques². Prenons un exemple avec une caractéristique que nous retrouverons : la curiosité³. La curiosité (ouverture) n’est pas un trait de caractère spécifique au HPI, c’est un trait retrouvé plus ou moins chez tout humain et associé à « imagination », « avide de savoir », « originalité » (d’après le modèle « OCEAN »). Le trait « curiosité » en tant que tel ne signe pas à coup sûr la douance bien que statistiquement, il semble prouvé qu’un HPI soit plus curieux qu’un non HPI (plus imaginatif, plus avide de savoir, plus original, pose plus de questions, etc…) : ce n’est pas donc le trait mais le superlatif « plus » associé au trait qui signe la différence ! De manière générale, ce n’est pas le trait proprement dit qui identifie mais bien la caractérisation de ce trait par autrui ou dit autrement la manière de voir ou d’être en relation avec ce trait. Ainsi, nous sommes passés d’une identification qui se résume à la table de valeurs « vrai » ou « faux » (« ou » exclusif) (exemple : être curieux ou ne pas être curieux) à une relation catégorielle qu’on peut résumer par la caractérisation d’une preuve : comment deux preuves qui ont pour valeur « vrai » se différencient l’une de l’autre (exemple : deux sujets sont curieux (la valeur de la preuve est « vrai ») mais de manière différente (les deux preuves s’écrivent différemment)).

Ici, j’ai donc établi un premier passage entre un point de vue identitaire et un point de vue catégoriel du concept HPI et cela nous invite à explorer ensuite la description de cette catégorie. Mais ce passage met en évidence un recadrage : ce ne sont pas intrinsèquement des caractéristiques qui identifient mais bien la manière dont ces caractéristiques communes voire banales sont perçues, à la fois par le HPI lui-même, par son entourage et la société/culture dont il fait partie…

 

¹ : ou plus précisément, une catégorie de catégorie. ² : par extension ici, un signe clinique pathognomonique de la douance permettrait de décrire avec certitude cette spécificité ! ³ : d’après N. Gauvrit (in « Les surdoués ordinaires »), la curiosité (ouverture) est un trait de caractère statistiquement significatif associé au surdoué.

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